Ma rencontre avec Joseph d’Anvers

La première fois que j’ai entendu Joseph d’Anvers, il y a trois ans de cela, c’était au détour d’un clip, de ce clip.

Je découvre alors  Kids, extrait de  son second album, Les Jours Sauvages que je vois quelques mois plus tard, à tout hasard, sur la scène du Bataclan en première partie de The Hoosiers (à l’époque où c’était bien!)

Le véritable coup de coeur pour ce chanteur, qui n’hésite pas à intégrer ses influences pop-rock anglo-saxonnes à la langue de Molière. Difficile exercice qu’il réussit sur ce superbe opus.

Un bonhomme de chemin qu’il poursuit avec une tournée dans toute la France ainsi que des nombreux showcases, que j’ai suivi d’un oeil aguerri. Joseph aime les mots et les pose, non pas sur une piste mais sur le papier le temps d’un livre paru au printemps dernier « La Nuit ne viendra jamais ».

Adepte des réseaux sociaux, ce n’est donc pas sans nouvelles que l’on attendra la sortie de son nouvel album dont on suit le processus avec assiduité sur sa page Facebook qu’il actualise régulièrement de sa main..enfin de son clavier.

N’ayant pas eu l’occasion de le faire lors de son précédent album (le blog n’existait pas encore!) ce sera  lors de la promotion de son dernier album Rouge Fer, qui sort aujourd’hui,  que j’ai pu discuter avec Joseph autour d’un café, place des Vosges avec le soleil pour nous accompagner.

Rencontre.

Que s’est t-il passé après entre la fin de ta tournée et aujourd’hui à la veille de la sortie de ton nouvel album?

Pas grand chose en fait. J’ai fait l’album assez vite. On a terminé la dernière tournée fin 2009 et j’avais écrit  une vingtaine de titres dans la foulée (printemps-été 2009). Je les ai soumis à mon label qui était OK et puis entre cette décision  et l’entrée en studio, il s’est passé quasiment 6 mois. Ensuite tout a été enregistré et mixé jusqu’en juin 2010. Et puis il se passe quasiment un an avant que l’album ne sorte. Il ne se passe donc pas grand chose, pas tant au niveau de la confection mais cela prend  du temps car avec l’industrie aujourd’hui les labels veulent être surs de leur choix avant de mettre les choses en marche.

Tu as pour la première fois réalisé entièrement  Rouge Fer. Premièrement, qu’est ce que la réalisation et quel a été l’apport sur l’album ?

Ça m’a permis de faire vraiment ce que je voulais. Non pas que sur les autres albums je n’ai pas fait ce que j’avais envie avec Jean-Louis Pierlot sur le premier et Mario Caldato Jr sur le second.  Le réalisateur c’est comme un garant. Par exemple si l’artiste veut le son des batteries des Kills, les guitares de The National et  la voix d’Édith Piaf, le réalisateur doit faire en sorte que tout cela sonne de cette manière  et s’entoure d’un ingé-son avec qui il collabore. Il s’occupe également des arrangements et balance des idées comme l’auteur compositeur et c’est de cette manière que j’avais travaillé sur les deux premiers. Je faisais parti prenante de la réalisation même si les réalisateurs étaient des personnes de renom. Il étaient  comme des gardes-fous vu que je savais ce que je voulais.

Et pour cet album, pour de multiples raisons que ce soit de temps, de budget et finalement par envie, je me suis retrouvé à le faire moi-même.  C’est pour cela que je me suis entourée de mes amis musiciens dont je voulais qu’il fasse vraiment partie de cet album et je voulais travailler spécialement avec eux car je savais que Cédric allait me sortir le son de guitare que je voulais ou ou Tahiti Boy, tels sons de clavier. Je sais comment ils jouent donc je suis resté derrière les consoles et ils m’ont également fait des propositions comme Raphael à la batterie. Je voulais qu’il fassent entièrement partie de cet album.

Ton album s’appelle Rouge Fer..c’est une référence à Bleu Pétrole?

Pas du tout. Je me suis rendu compte après que ça y ressemblait mais en fait il y a plusieurs albums avec des titres un peu comme cela, Daphné avec Bleu Venise, Cyril Mokaiesh et son  Du Rouges et des Passions..il y avait aussi Mylène Farmer avec Bleu Noir (Rires).  Mais le titre était déjà lancé, je me suis dit que c’était déjà dans l’air du temps du coup alors je l’ai gardé.

C’est tiré de la dernière chanson « Les âmes solitaires »: « Ma peau est tatouée Rouge Fer » J’aime bien ce genre de tournures et je trouvais ça sympa car la couleur rouge fer n’existe pas, normalement l’expression est « tatoué au fer rouge ». On m’a fait la réflexion, en me disant rouge et fer ou fer rouge mais non pour moi c’était Rouge Fer sauf que personne n’a jamais compris (Rires).

Ce rouge fer, c’est le rouge qui vient de la pénombre, de l’obscurité comme sur la pochette de l’album qui à l’origine est un fond noir et en éclaircissant le rouge est apparu. Du coup, je trouvais ça intéressant que ce Rouge Fer, celui qui vient de l’obscurité, collait parfaitement avec ce que je dis dans cet album.

Et pour revenir à la comparaison avec Bashung, on me l’a fait souvent oui. Tant mieux remarque..

C’est toujours mieux que Mylène Farmer..

C’est sur.

A l’écoute de ton album, tu chantes toujours en français avec des influences pop/rock anglaises beaucoup plus marquées voire même des influences éléctro. Comment arrives tu à te définir la dedans?

Je ne me définis pas, vous vous débrouillez (Rires). Justement sur les premiers albums, on m’a toujours dit que c’était ni chanson, ni rock, ni pop, ni rien en fait. Les gens aiment bien mais pour les médias c’est beaucoup plus compliqué. Du coup, j’étais diffusé « un peu » dans les radios rock..un peu dans les radios jeunes..celles plus adultes aussi.

Voila, ce  sont les projets que j’aime, ceux qui mélangent toutes mes influences. Je suis partie dans l’optique de faire cette album comme si c’était le dernier et j’ai pu faire ce que je voulais et me lâcher, avec des titres plus sunshine comme (Always Better ) Paranoïd où Tahiti Boy était ravi de travailler dessus ou Leave Me Alone beaucoup plus rock sur lequel Cédric a pu se lâcher et c’est justement c’est là que le boulot de réalisateur entre en scène car que je ne voulais pas quelque chose de purement rock, pour ne pas décontenancer les gens.

Et pourquoi ce mélange anglais-français?

La question que je me suis posé : « Comment ne pas céder à écrire en anglais et assumer en français. » Alors que l’on est dans une vague où tout le monde chante en anglais. Cependant, j’ai commencé à écrire en anglais, car c’est tout de même plus facile en terme de mélodies, et du coup j’ai retravaillé tout ce que j’ai pu en français. Il y avait quand même des limites notamment sur des titres comme Leave Me Alone, avec le refrain qui était sonnait beaucoup moins bien en français.

Tu serais partant pour un nouvel album en anglais cette fois?

Je ne sais pas. Justement à ma toute première interview à la sortie de mon premier album, Les Choses en Face, on m’avait déjà posé la question.

Mais je ne suis pas vraiment sûr de faire un autre album, Rouge Fer a été assez pénible à faire. J »ai des projets en anglais mais je ne sais pas si ce sera moi qui va le chanter au final.

A part des groupes, comme Phœnix, il y a très peu de français qui fonctionnent à l’étranger et il y a une certaine prétention, qui m’énerve un peu, de la part de groupes français qui chantent en anglais pour mieux s’exporter alors qu’au final ça reste en France qu’ils marchent le mieux. Je pense que les américains ou les anglais sont plus susceptibles d’écouter des français, qui chantent dans leur propre langue.

On va parler du live, tu fais en ce moment des show cases acoustiques en appartement, ca a été  une demande de ta part?

Non, à la base c’est une proposition d’Agathe (Basquin) qui s’occupe des lives et comme il n’y avait pas de dates bouclées avant la sortie de l’album. C’était une manière de faire découvrir quelques titres de l’album  mais c’était assez difficile car les chansons ne sont pas nées en acoustiques. Mais ce n’est pas un exercice que j’aimais faire mais auquel j’ai commence à y prendre plaisir. A voir un rapport plus proche avec les gens, de pouvoir rencontrer et enfin mettre un visage sur les noms des gens que l’on a sur Facebook. Mais on en fait beaucoup moins maintenant, il est temps de passer aux vrais concerts.

Pour terminer, quels sont tes trois titres du moment?

The Protocol de (Please) Don’t Blame Mexico

Anyone’s Ghost de The National

Un seul conseil : Jetez vous sur cet album que j’écoute en boucle depuis que j’ai pu le mettre dans mon lecteur.  Les albums de cette
qualité sont rares et à ne surtout pas louper Rouge Fer.
Tous mes  remerciements à Joseph d’Anvers et à Axelle Giraud Carier (Atmosphériques)
Rouge Fer
Sortie le 4 avril

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